Congé de maternité -- Mon bilan
>> mercredi 29 septembre 2010
Mon deuxième congé de maternité tire à sa fin. C'est lundi prochain que je reprendrai le chemin du travail. Un nouveau travail, en plus. Nouveaux défis, nouvelle routine, nouvelle équipe, nouveau parcours en autobus, on peut dire que j'aime le changement!
Si je fais un retour sur la dernière année, je peux dire qu'elle a été riche en émotions. Je ne me suis pas toujours sentie à la hauteur dans mon rôle de mère de famille. J'aurais aimé avoir plus de soutien mais pour ça, il m'aurait fallu de la famille dans mon entourage. Je n'ai jamais autant souhaité avoir une mère que dans la dernière année. Je me suis sentie seule avec mon désespoir, mes incompétences, mon manque d'organisation et de patience. Peut-être que j'ai fait une mini-dépression dû à mon isolement ou peut-être que le manque d'équilibre dans les différentes sphères de ma vie est la cause de mes nombreux creux de vagues.
Enfin, je n'aurais jamais imaginé qu'avoir deux enfants aurait été aussi exigeant, voire aussi difficile. Je n'ai jamais autant souhaité que mes enfants aillent se coucher pour avoir le temps de ne rien faire. Je l'écris et j'ai honte. Mais je l'écris aussi pour que les personnes qui se sentent comme moi sachent qu'elles ne sont pas seules. Le seul conseil que je peux donner (avec le recul) est de briser l'isolement, de sortir de la maison et d'aller faire des activités seule, en couple ou avec une amie mais sans enfant. Juste le fait de sortir de la maison nous donne le goût d'y être et on apprécie davantage la chance qu'on a d'avoir une aussi belle famille.
Mes enfants, je les aime! Ils sont ce que j'ai de plus précieux. Je ferais tout pour eux mais il faut aussi que je pense à moi. Tout est une question d'équilibre. J'y travaille fort pour être une meilleure personne et une meilleure mère.
Mon congé à débuté en octobre, alors que j'étais enceinte de 36 semaines. Presqu'aussitôt, j'ai commencé à avoir des douleurs à cause du nerf sciatique. Marcher était pénible, monter les marches l'était tout autant. Je ne me sentais pas mobile et avait tout le temps envie de dormir. Après la naissance de Chou-Chou, j'ai commencé un programme intensif chez le chiro. Trois fois par semaine au début avec 15 minutes de traction. J'ai eu l'impresssion de ne pas être assez présente pour Chou-chou. Bien entendu, il venait avec moi mais ce n'est pas des moments que j'ai passé AVEC lui, il était à côté de moi dans son siège d'auto ou avec la secrétaire. Ces visites étaient drainantes et je passais mes après-midi à dormir. Pas très productive. Pendant 12 semaines, j'y suis allée 3 fois par semaine, ensuite la fréquence à baissée à 2 fois par semaine (pour 12 semaines), et 1 fois par semaine (pour 12 semaines). J'en suis maintenant à 1 fois par 2 semaines et j'ai l'impression d'avoir ENFIN du temps pour moi.
Mon petit bonhomme a grandi à une vitesse folle. Son frère l'adore et il faut constamment surveiller ses démonstrations d'affection. Il le serre trop fort, donne de trop gros bisous, lui serre le cou, etc. C'est beau l'amour mais c'est fatiguant de devoir gèrer ces comportements excessifs de la part de Coco.
J'ai adoré passer du temps seule avec Chou-Chou. C'est un petit bonhomme très souriant, très facile mais qui ne dormait pas autant dans le jour que son frère. Ce qui n'aide pas dans l'accomplissement de tâches ménagères, de projets spéciaux ou autre. Enfin, les journées se suivaient et se ressemblaient beaucoup. Chou-chou n'a pas eu un horaire régulier de sommeil dans le jour avant son entrée à la garderie, à 10 mois! Quand il a commencé à manger des solides, à 4 mois et demi, il s'est rapidement transformé en petit ogre. C'est incroyable à quel point la bouffe n'arrivait jamais assez vite pour lui. J'ai trouvé pénible de préparer son repas en plus de celui de la famille, que tout soit prêt pour 17hrs, de devoir attendre avant de manger que Chou-chou ait terminé. On dirait que j'étais moins encline à faire des sacrifices. Mais ça fait partie de notre rôle de manger froid et de faire manger les petits. Heureusement pour moi, Chou-chou mange comme nous depuis le mois de juillet. Oui, il a déjà mangé de la pizza au poulet, il mange du salé avant ses 12 mois mais il n'est pas malheureux pour autant. En fait, je ne l'ai pas forcé, c'est lui qui voulait faire comme nous. Depuis des mois, notre grand calvaire quotidien est l'heure du souper, où Chou-chou hurle, où Coco nous casse les oreilles avec ses demandes de lait, de fromage, de rôtie, etc. Ce n'est qu'une phase mais j'ai hâte qu'elle se termine!
À la fin août, alors que mon Petit Mari était parti tout le weekend et que j'étais seule avec les enfants en plein PMS, j'ai vraiment atteind le fond du baril. Je ne me suis pas sentie à la hauteur et j'ai, pour la première fois, remis en question le projet d'un troisième bébé. Alors que j'avais l'impression que je devais convaicre mon chum, voilà que c'est moi qui n'était plus partante. J'en fais mon deuil depuis quelques semaines et ça me fait énormément de peine. Je le vois comme un échec dans nos projets familiaux, comme si mon incompétence à bien m'occuper de mes enfants était la cause de cet échec. Enfin, rien n'est encore officiel, on se donne jusqu'à la fête de Chou-Chou pour y réfléchir... et qui sait ce que la vie peut nous réserver...
Si troisième bébé il y a, il viendra inévitablement avec un troisième congé de maternité. Et cette fois, je ne crois pas que je prendrais tout le congé. Je partagerais avec mon chum pour qu'on puisse passer du temps tous les deux à la maison et ainsi avoir du soutien et du temps de repos.
Lundi, je retournerai au travail. Et mes enfants me manqueront, c'est certain! Ils sont à la garderie à temps complet depuis deux semaines parce que je voulais avoir du temps pour moi avant de retourner travailler. Mais je ne sais pas quoi faire de ce temps... en vérité, je trouve le temps long et je ne suis pas plus productive qu'avant. Comme quoi on n'est jamais satisfait. Par contre, je suis prête à retourner au travail. Je sais que j'ai besoin de m'accomplir en dehors de la maison pour être plus équilibrée dans ma tête. Mes enfants, je les adore, je vais m'ennuyer d'eux mais je vais chérir tous les moments qui me sera donner à passer avec eux.
Hier, je suis allée au cinéma toute seule en après-midi voir le film Incendies. J'ai pleuré comme une Madeleine à la fin et je me suis vraiment ennuyée de mes garçons. À la fin du film, la mère dit à ses enfants: "Comme il est bon d'être ensemble". C'est con mais ça m'a tellement touché, c'est si simple et si doux d'être avec les enfants. Bon, ça y est, je pleure encore!!!





